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juin 29, 2017
Catégorie : General
Posté par : Julien
URPS PHARMACIENS LORRAINE participe activement à l'expérimentation PAERPA
 

Discours de candidature à l’élection du Président de l’URPS Pharmaciens Grand Est

Nancy, le 12 janvier 2016

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En premier lieu, je tiens à remercier tous les confrères qui ont voté massivement pour ces secondes élections aux unions régionales de professionnels de santé, malgré quand même une érosion que l’on peut expliquer par la morosité du contexte actuel socio-économique et par la modification des contours géographiques des régions. Les pharmaciens d’officine ont toujours su répondre présents à tous les grands défis de santé publique, aujourd’hui ils ont offert à nouveau une forte légitimité à tous leurs représentants.


Fort de ce vote et du résultat probant de la FSPF en région Grand Est, j’ai l’honneur de vous présenter ma candidature au poste de Président de l’URPS Pharmaciens Grand Est. Sur les 12 membres élus, il y a un taux de renouvellement de 25%. Je souhaite donc la bienvenue aux 3 nouveaux membres, chacun provenant d’une des trois représentations syndicales de la profession.


Cette seconde mandature URPS de l’histoire fait face à un nouveau défi : la modification des contours géographiques des régions. L’URPS Pharmaciens Grand Est représente plus de 1600 pharmacies d’officine, plus de 2000 titulaires et près de 10000 emplois. On ne peut que constater qu’avec 12 élus, l’investissement de chacun devra être important. Première demande de ce discours : revoir le barème d’attribution du nombre de sièges dans les URPS.


Pas le temps de faire un état des lieux comme il y a 5 ans, pas de temps à perdre dans la mise en place d’une nouvelle organisation, nous devons être efficients dès aujourd’hui et proposer des actions concrètes à nos confrères et à nos partenaires de l’Agence Régionale de Santé que je remercie de leur présence ce jour. L’Agence connait notre détermination et notre fermeté à faire avancer la profession pharmaceutique, qui aujourd’hui est en attente très forte de changement. Si les élus sauront prendre leurs responsabilités, l’Agence sera sollicitée régulièrement pour nous accompagner, car l’exercice de demain passe par la démonstration médico-économique de toutes les actions et missions du pharmacien.


Comme il y a 5 ans, je souhaiterais vous présenter assez rapidement, mais de manière concise et précise, la façon dont je compte mener cette URPS, si vous me portez à la présidence de celle-ci. Deux grands thèmes : le premier concerne l’organisation et le fonctionnement de cette nouvelle structure, le second correspond aux grands axes de travail.


Commençons par le début et la composition du bureau de notre URPS qui doit, conformément aux textes, comporter 6 membres. Afin de respecter l’équité entre les trois anciennes régions administratives, je proposerai que celui-ci se compose de deux élus de chaque ex région.
Si l’article R4031-9 du code de la santé publique ne prévoit qu’un viceprésident, je propose que le secrétaire et le trésorier soit également viceprésident délégué de son ex région d’appartenance.
A l’issue de cette réunion d’installation et à la suite de la rédaction du procès verbal de celle-ci, je procéderai au dépôt de la déclaration de l’association URPS Pharmaciens Grand Est en préfecture de Nancy, puisque je vous proposerai de retenir cette ville comme lieu d’installation et de conserver nos locaux actuels tour Thiers.
Toujours conformément aux textes, je réunirai dès ce jour l’assemblée générale pour valider le règlement intérieur. Je ferai également des propositions
concernant les locaux de l’URPS, le planning des réunions, l’utilisation de temps de secrétariat, l’équipement des locaux, les assurances, le budget prévisionnel, en respectant un principe clair : indépendance, transparence et sécurité. Nous travaillerons également sur nos axes de travail 2016-2020.
Le rythme des réunions sera présenté cet après-midi en respectant un équilibre entre bureaux et assemblée générales. Dans l’intervalle, j’assurerai des permanences au siège de notre structure de façon très régulière.
Des groupes de travail seront créés, à l’instar de la commission pour la promotion du pharmacien référent en EHPAD que l’URPS Pharmaciens Lorraine avait mise en place.
Un schéma directeur des informations vous sera présenté. Je serai très strict et ferme sur celui-ci, la taille de notre région nous obligeant à une circulation fluide, rapide et efficace de l’information.
Pour mener au mieux ces actions, j’espère que les opérations de liquidation des anciennes URPS se feront rapidement et ne pénaliseront pas les élus dans leur temps consacré à l’action.


Passons à la seconde partie sur laquelle je m’étendrai un peu plus. Le nouvel organigramme de l’Agence Régionale de Santé va se mettre en place tout au long de cette année.
Des grandes directions vont être à Strasbourg, à Nancy et à Châlons en Champagne. Cela nécessite bien d’avoir des membres du bureau au plus près de ces directions, car, comme j’ai pu m’en exprimer régulièrement avec l’Agence, la profession pharmaceutique est en interaction avec chaque direction et l’on peut facilement estimer qu’une organisation avec un pharmacien inspecteur de santé publique dans chaque direction peut être une voie légitime. Nous pouvons d’ailleurs apprécier que sur ces deux dernières années, en Lorraine, la présence de nos confrères a été de plus en plus importante.
La seconde demande que je puisse faire est d’organiser des rencontres régulières, avec la direction générale de l’Agence pour faire des points d’étape de toutes les actions.
La création des ARS a permis aux mondes ambulatoire, hospitalier et médicosocial de se rencontrer. Cette vision plus large du monde de la santé a été bénéfique pour tous les élus, elle nous donne des revendications supplémentaires mais également des points de discussion.
Le nouvel organigramme de l’Agence Régionale de Santé comprend cinq grandes directions métiers. Bien évidemment, la direction des soins de proximité, que vous dirigez M STRAUSS, a un rôle majeur dans l’équilibre du maillage territorial : accès de la population aux officines, maisons de santé pluri professionnels, travail en inter pro…
La direction de la santé publique avait déjà une grande importance. Je reprendrai quelques lignes d’il y a 5 ans : intervention du pharmacien dans le domaine de la cellule de veille, d’alerte et de gestion sanitaire (qui répond présent suite à une sollicitation urgente dans le cadre d’une épidémie ou d’une alerte méningite ?), dans le domaine de la santé environnementale (qui recueille quotidiennement des informations et est à même d’alerter les autorités face à des situations d’altération de la qualité de vie en lien avec l’atmosphère, les eaux ?), dans le domaine de la promotion de la santé et de la prévention (qui a porte ouverte 24h/24 sans rendez-vous partout dans la région ?, qui est le plus souvent la voie d’entrée dans le système de soins avant même le médecin vu les délais d’attente pour certains généralistes dans certaines zones ?). Je n’oserai vous dire que la pharmacie est la réponse, voire l’unique réponse à ces questions. A ces départements se rajoute le pôle pharmacie avec lequel nous travaillons en harmonie sur des projets structurants qui renforcent le pharmacien dans son rôle de professionnel de santé de premier recours, au cœur du parcours de vie du patient.
La direction de l’offre de soins médico sociale devra être en interaction avec nous sur de nombreux sujets dont les EHPAD. Quand nous voyons les difficultés rencontrées par certains établissements, quand nous voyons la volonté affichée par d’autres, je dirai, sans hésiter, qu’il est inadmissible, voir que c’est une perte de chance pour le patient de se passer du pharmacien référent rémunéré.
La direction de l’offre de soins sanitaire, de par les choix qui y seront opérés, interagira avec l’organisation de proximité des officines.
Enfin, la direction de la qualité et de la performance aura toute son importance dans les études médico économiques dont nous avons grandement besoin pour l’avenir de la profession.
A côté de ses directions métiers, le département de la stratégie régionale de santé et de la démocratie sanitaire interagit à différents niveaux : sur les conférences de territoire et sur la CRSA. Troisième demande : revoir le nombre de postes offerts aux professions de santé ambulatoires dans l’arrêté de composition des Conférences Régionales de Santé et d’Autonomie.
Le département des ressources humaines en santé est très important pour préparer l’avenir de notre profession et l’URPS continuera à prendre sa part dans les réunions de l’ONDPS.
Je n’oublierai pas les missions d’appui telles que celle menée par Jean Louis FUCHS sur les systèmes d’information de santé.
Pour terminer l’organigramme, je proposerai aux élus de nommer des délégués départementaux afin de se coller à l’organisation de l’agence avec les délégations territoriales.


Quelles seront les actions de l’URPS Pharmaciens Grand Est ? Nous profiterons du passage en grande région pour continuer et amplifier des actions dans les domaines suivants : lutte contre toutes les situations de rupture
de soins et de non valorisation du pharmacien, formation, expérimentation, développement d’outils pour les confrères.


Sur ces cinq dernières années, le secteur hospitalier a continué à vouloir étendre son champ d’activité sur la ville, avec l’appui parfois de prestataires. Les exemples cités en 2010 restent malheureusement toujours vrais pour le patient : Comment accepter des appareillages d’articles d’orthopédie dans les salles d’urgence effectués par des personnes non diplômées et sans aucune prise de mesure avec des articles mis à disposition par des prestataires externes à l’hôpital.
Comment accepter que des délégués médicaux de sociétés fabriquant de dispositifs médicaux aillent directement dans les chambres des malades proposer des services économiquement instables par l’envoi mensuel systématique sans accord du patient de produits notamment de stomathérapie.
Comment accepter des structures d’HAD venant prendre l’essence même de notre métier au nom d’un soit disant confort du patient alors que notre proximité, notre connaissance totale du patient et de ses besoins, notre rapidité d’intervention et notre connaissance de la famille et de l’environnement du patient sont bafouées.
Comment accepter des prestataires de services qui rédigent les prescriptions en lieu et place des médecins pour occuper un marché en nous reléguant à de vulgaires sous fifres sans aucun respect ni politesse.
Nous n’acceptons pas ce que j’appelle la restriction de notre champ d’activité, nous n’acceptons pas ces systèmes couteux pour l’assurance maladie, nous n’acceptons pas tous ces signes de non respect du libre choix du malade, mais nous disons oui à une véritable collaboration ville hôpital avec : intégration du pharmacien dans le dossier patient, établissement de systèmes d’informations sécurisés, séances de formation et d’information collectives, interaction avec les urgences dans le cadre de l’offre de premier recours, conventionnement avec les
structures d’HAD comme la loi le permet, facilitation de la sortie du patient, intervention des 5e AHU en pharmacie. Les travaux des trois URPS ont permis de sensibiliser acteurs locaux, agences de santé, patients et confrères sur ces sujets et des résultats probants sont intervenus : circulaire de l’ARS en Champagne Ardenne, campagne de promotion du rôle du pharmacien dans le MAD en Alsace, déclaration en ligne sur le site internet de la Lorraine.
Dans le domaine du médico-social, quelques exemples également de situations où la qualité des soins s’est trouvée amoindrie par une restriction du champ d’activité du pharmacien. Comment accepter que nombre de résidents d’EHPAD sont aujourd’hui en déficit nutritionnel suite à l’arrêt de la complémentation nutritionnelle avec la réintroduction dans le forfait de soins des dispositifs médicaux ?
Comment accepter les pressions terribles exercées par des directeurs d’établissements auprès des confrères pour la réalisation des PDA ? L’important travail réalisé par l’URPS Pharmaciens Lorraine a permis à certains de modifier leur point de vue sur ce sujet, ce dont nous pouvons nous réjouir.


Second axe de travail de l’URPS, la formation des confrères et la réalisation d’expérimentations permettant de montrer toute notre plus-value. Nous ne sommes allés et nous n’irons jamais au-delà de nos prérogatives, mais nous avons une lecture approfondie des trois textes suivants : l’article du Code de la Santé Publique définissant les missions de l’URPS, l’article définissant les missions du pharmacien d’officine et l’article définissant l’acte de dispensation pharmaceutique.
C’est ainsi que les actions suivantes ont été développées : Préparation des Doses à Administrer dans le cadre de PAERPA avec le pilulier électronique en Lorraine, mission travaillée en Alsace également.
Conciliation médicamenteuse ville hôpital sur le Lunévillois et d’autres secteurs de la grande région, conciliation médicamenteuse de ville dans le cadre du PAERPA nancéen.
Dépistage du patient BPCO sur la Moselle Est.
Expérimentation d’orientation du patient adulte présentant des symptômes ORL de type maux de gorge et réalisation éventuelle du Test de Dépistage rapide de l’angine sur la région Lorraine.
Formation des confrères de Champagne Ardenne sur thrombose veineuse profonde et cancer.
Dépistage de la DMLA en Alsace.
Pour ne pas prolonger ce discours, j’arrêterai là ma liste, mais je rappellerai les 4 principes que nous posons pour toute action : formation, expérimentation, rémunération et évaluation.


Troisième axe de travail : la création d’outils d’aide à l’exercice pour les confrères. Nous aurons le plaisir de vous présenter Pharmaraco® au cours du printemps, concept initié par l’URPS Pharmaciens Lorraine et travaillé avec les deux autres régions.
Nous continuerons nos mémos d’aide à destination notamment des équipes officinales.
Enfin, le travail avec les trois facultés sera enrichi des actions menées jusqu’à maintenant individuellement.


Enfin, nous continuerons à travailler avec nos amis du monde ambulatoire. Même si les FRPS ne verront jamais le jour, nous ne les avons pas attendus pour se rencontrer et porter des projets communs comme le projet SIOUX en Lorraine, la carte patients en Alsace et Champagne Ardenne, Profil R en Champagne Ardenne et Lorraine, etc…
De même, les pharmaciens seront systématiquement présents dans toutes les instances où notre voix a besoin d’être entendue, qu’elles soient de la démocratie sanitaire, de l’organisation des soins, de l’environnement.


Il faut bien comprendre que nous sommes aujourd’hui à un tournant important de notre profession, que l’on peut rapprocher de celui de l’avènement des spécialités pharmaceutiques. La dispensation du médicament et du dispositif médical restera notre cœur de métier, agrémenté de toute la plus-value d’un expert en pharmacie clinique, en relationnel patient pour faire taire tous ceux qui veulent aujourd’hui nous transformer en simples bobologues de quartier. En conclusion, si vous m’élisez à la présidence, l’URPS Pharmaciens sera toujours une force de proposition constructive pour la santé et le bien être de tous les patients. Je serai exigeant envers moi-même et tous les élus pour mener à bien cette mission. La pharmacie prendra le bon virage comme elle a toujours su le faire.


Christophe WILCKE

Tête de liste FSPF Grand Est

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